Discrétion vs personnal branding ?

Ici,  et sur ce blog (ici et ), on parle de la question de l’identité que nous adoptons sur le MOOC. C’est une vraie question et j’ai été un peu déçue de son traitement lors du hangout 2 jeudi dernier et carrément choquée par la formule décrivant les craintes au sujet de notre « traçage » comme un obscurantisme.

 Heureusement, la discussion prend une tournure plus argumentée, mais on voit bien dans les commentaires qu’il y aurait une bonne attitude  : sur le MOOC, on doit donner sa véritable identité, car ce que l’on y fait est positif (on apprend) et par conséquent, les retours ne pourraient en être que bénéfiques. Itypa serait donc une bonne occasion de faire son personnal branding. Point final en quelque sorte, puisqu’il faut nous en convaincre. Le reste ne serait qu’obscurantisme.

De bonnes raisons de vouloir être discret

Or les choses ne sont pas si simples, comme le note ici Karim (intervention de 17 h 43 le 16/10. désolée, je ne sais pas faire une ancre, damned) : Pour des raisons professionnelles ou personnelles, il peut être gênant de montrer à quel point on a du mal avec les outils internet. Imaginons par exemple que je travaille dans le domaine de la communication, dans une boîte très hype et que jusqu’à présent j’aie trompé mon monde et conservé mon emploi parce que je sous-traitais la confection de mes tweets, de mes power point, de mes cartes heuristiques et autres blogs à mon mari informaticien. Si j’apparais sous mon véritable nom au MOOC, avec toutes les questions  newbies que j’ai posées et toutes les conneries que j’ai faites depuis le début, demain, (si mon patron est curieux) je suis licenciée !

Devenir un « honnête homme numérique »

Au MOOC ItyPA, pour l’instant on est plus dans l’action que dans la réflexion théorique, alors je sors un peu du cadre, et parce que je ne suis pas une spécialiste, je demande aux zexperts.

J’ai choisi Louise Merzeau, chercheur en SIC à Paris Ouest Nanterre La Défense : ses travaux  portent notamment sur mémoire et information. Elle préfère le terme de « présence numérique » à celui « d’identité » et bien entendu, je ne vais pas résumer tout , mais je retiens quelques points : du fait de la dissémination des traces nous concernant que nous (ou autrui, consciemment ou non) déposons sur le réseau, ils est impossible de contrôler à 100 % la représentation de notre présence numérique. Néanmoins, en devenant un « honnête homme numérique » c’est-à-dire en apprenant à mieux connaître le fonctionnement du réseau et des outils internet, on peut participer à la construire : ajouter des traces consciemment pour atténuer celles que l’on aimerait voir ignorer(de mon patron, par exemple), est la meilleure manière d’améliorer une e-réputation toute pourrie.

http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/49/28/43/PDF/Merzeau_Doc-SI_presence.pdf

 Pour en savoir plus, demandez à Google (qui vous répondra ce qui vous plaît).

Pour conclure, j’ai l’impression que l’usage du pseudo peut être la bonne option pour un certain nombre de participants, mais que quoi qu’il en soit, si l’on s’imagine pouvoir être réellement discret sur internet, on rêve. Vraisemblablement, après le MOOC, chacun devrait avoir gagné en compétences pour pouvoir décider en toute connaissance de cause s’il est plus judicieux d’user d’un pseudo ou de son identité « réelle ». D’ici là, être discret sur son identité ne doit pas empêcher de participer aux discussions ni de partager son savoir et ses compétences.

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5 commentaires pour Discrétion vs personnal branding ?

  1. Bonsoir,
    non je ne crois pas que nous avons eu cette posture obscurantiste. Nous avons peut être poussé un message qui est de dire que par défaut, il n’y a pas de grande raison d’avoir peur. Il peut évidemment y avoir des cas où l’on a besoin de ne pas impacter sur sa présence numérique, mais dans le cas que tu proposes, je ne pense pas que la personne n’aura le moindre doute.
    Il me semble aussi avoir écrit que l’on pouvait prendre un temps un pseudo si cela peut donner confiance. Mais c’est aussi prendre un risque, celui de rater des occasions.

    L’argumentation, la confrontation font avancer les choses, pour peu que ce soit fait dans un esprit constructif. La réflexion avance. On semble est entré dans la phase de croisière du MOOC.

    En tout cas, la plume de ce billet, qui cite ses sources, qui s’appuie sur des références reconnues, qui fait la part des choses, qui propose des pistes mérite à mon avis une signature réelle 🙂

    • sabine456 dit :

      Il y a maldonne, je crois : l’accusation d’obscurantisme a été formulée dans un billet commentant le hangout 2 (et non par « vous » les organisateurs). Lors de ce dernier, il m’a juste semblé que la question était abordée de manière un peu « rapide », relativement au questionnement des « discrets ». Et même dans le billet, l’intention n’était sans doute pas de traiter d’arriérés les utilisateurs de pseudo.
      Que les choses soient claires : je ne suis en aucun cas inscrite au MOOC pour mettre l’équipe (ni que ce soit) en accusation ou quoi que ce soit dans le genre. Je suis là pour apprendre et me poser des questions, or la tâche est immense : merci de l’opportunité offerte !

  2. Grégory dit :

    Bonjour Sabine,

    Ton argumentation est très intéressante. Cependant j’ai du mal à suivre ton raisonnement sur l’identité. L’exemple en particulier me semble un peu bancale. En effet, si je résume « à la hache », je n’ai pas intérêt à dire la vérité si dans mon travail je m’emploi à tromper tout le monde. Est-ce que c’est vraiment un problème l’identité dans un projet comme #itypa ? Je pense pour ma part qu’il y a juste une problème de « mise en avant » dans notre culture. Contrairement aux anglo saxons on a globalement tendance à ne pas vouloir trop montrer notre tête 🙂

    Je suis d’accords avec toi pour considérer que qu’il est illusoire de vouloir contrôle à 100% son identité numérique. Pour la simple et bonne raison que les autres peuvent parter de toi 🙂 L’ère du contrôle est morte avec le 2.0, nous sommes dans l’ère de la gestion, il va falloir s’y faire.

    Grégory

    • sabine456 dit :

      Tu as raison Grégory, mon exemple était trop caricatural et donc mal choisi. Il me semble que le fait que nous soyons en situation d’apprentissage est néanmoins à prendre en compte : selon les personnes, il peut être délicat de se montrer en position d’ignorance (ou de noviciat) sur l’utilisation de technologies. Plus généralement, je ne sais pas si le problème est culturel ainsi que tu l’envisages ou générationnel peut-être comme cela a été proposé par Christine lors de la conférence « hangout 3 » : il existe une sorte de volonté de résistance (si illusoire soit-elle) au traçage permanent de la personne. En outre, il convient de ne pas oublier que la vie privée est un besoin psychologique humain fondamental.

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